Auteur : Sortons

  • Réaction de Sortons la Caisse du carbone au rapport Banking on Climate Chaos 2024

    Réaction de Sortons la Caisse du carbone au rapport Banking on Climate Chaos 2024

    Montréal, le 13 mai 2014 – La Coalition Sortons la Caisse du carbone est préoccupée de voir que les banques canadiennes sont encore une fois classées parmi celles qui financent le plus les énergies fossiles à travers le monde dans la dernière édition du rapport Banking on Climate Chaos, publié ce matin. Les cinq grande banques canadiennes – RBC, la Banque TD, la Banque de Nouvelle-Écosse, la Banque de Montréal et CIBC, ont financé les énergies fossiles à la hauteur de 911,15 milliards de dollars américains entre 2016 et 2023.


    Une part démesurée du financement fossile provient des banques canadiennes

    Les cinq grandes banques canadiennes ont réalisé une proportion démesurée du financement total des combustibles fossiles pour la période 2016-2023, soit 13 % de toutes les transactions, y compris 45 % de toutes les transactions liées aux sables bitumineux l’année dernière. Les cinq grandes banques canadiennes figurent toutes parmi les 16 banques les plus impliquées dans le financement des énergies fossiles.

    Un rôle plus actif attendu de la CDPQ

    « La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) est un actionnaire important de ces banques. Elle dispose d’un pouvoir important et devrait pousser les banques dans lesquelles elle investit vers un alignement de leurs portefeuilles d’investissement avec les objectifs de l’Accord de Paris. En ce sens, nous nous attendons à ce que la CDPQ joue un rôle plus actif dans son engagement actionnarial avec les banques. Financer des entreprises qui ne disposent pas d’un plan de transition crédible revient à miser sur l’échec de l’Accord de Paris » indique Maxime Perrault, responsable de la Coalition Sortons la Caisse du carbone.

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    Contact médias

    Maxime Perrault
    Responsable, Coalition Sortons la Caisse du carbone
    maxime.perrault@sortonslacaisseducarbone.org

  • Réaction au Rapport d’investissement durable 2023 de la CDPQ

    Réaction au Rapport d’investissement durable 2023 de la CDPQ

    Montréal, le 10 avril 2024 – La Coalition sortons la caisse du carbone présente son analyse des grandes lignes du Rapport d’investissement durable 2023 (RID) de la CDPQ publié aujourd’hui et qui met en lumière des progrès dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre par intensité (par dollar investi) de son portefeuille, une progression importante dans les investissements sobres en carbone, et une augmentation de l’engagement actionnarial en faveur du climat. Notre coalition reconnaît et salue ces progrès.

    Cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre

    Néanmoins, la Coalition déplore que la Caisse n’ait toujours pas d’objectif de réduction des gaz à effet de serre (GES) en absolu, qu’elle ne soit pas alignée sur les objectifs de l’Accord de Paris et ne respecte pas les exigences de la science du climat telles qu’exprimées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La Coalition s’inquiète également du fait que la trajectoire de réduction des émissions de GES de la CDPQ n’est pas pas en voie d’atteindre une réduction en absolu de l’ordre de 50% d’ici 2030, comme la science le prescrit en terme de réduction mondiales des GES requises pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 C. De plus, la Coalition considère que le fait que la CDPQ se rapproche de plus en plus de son objectif de réduction des émissions par intensité confirme que celui-ci n’est pas suffisamment ambitieux, une critique que la Coalition a formulé à plusieurs reprises dans le passé. 

    “Bien que nous reconnaissions que la CDPQ ait fait des efforts pour décarboner son portefeuille, nous sommes préoccupés du fait que ses objectifs ne soient pas assez ambitieux alors que la CDPQ a mentionné que la trajectoire de réduction de GES de son portefeuille ne sera pas linéaire dans les prochaines années et que ces émissions pourraient même augmenter. Nous rappelons que la CDPQ doit respecter les objectifs de l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius, ce qui requiert des réductions des émissions mondiales de l’ordre de 50% d’ici 2030.” a déclaré Krystel Papineau, coordonnatrice de la Coalition sortons la Caisse du carbone.

    Pour progresser dans cette direction, la CDPQ doit se désengager complètement des énergies fossiles, en particulier du gaz, qui n’est pas une énergie de transition.

    Objectif d’actifs sobres en carbone

    Comme l’a souligné Charles Émond, président et chef de la direction de la CDPQ, la Coalition est d’avis que la CDPQ doit maintenant revoir significativement à la hausse son objectif d’actifs sobres en carbone d’ici 2025. La Coalition demande une révision de cet objectif depuis déjà de nombreuses années. Avec la croissance continue du marché des énergies renouvelables, il est tout à fait réalisable pour la CDPQ de prendre cette décision et de rehausser ses ambitions dans ce domaine. 

    Vote actionnarial 

    La Coalition reconnaît les progrès de la CDPQ en matière d’engagement actionnarial sur les votes pour le climat énoncés dans son rapport. Par contre, les informations présentées au sujet des votes de la CDPQ (62 % d’appui des propositions sur les enjeux environnementaux et 49% d’appui des propositions sur les enjeux sociaux) devraient être présentées de manière intégrale et regroupées à un endroit de manière à ce qu’il soit plus facile de juger de la qualité des votes de la CDPQ au-delà des pourcentage d’appui aux propositions. Sortons la Caisse du carbone exprime également des réserves concernant les abstentions de la CDPQ lors des votes d’actionnaires, soulignant que ne pas soutenir des mesures plus ambitieuses en matière climatique sous prétexte que l’entreprise possède déjà un plan climatique ne garantit pas son alignement avec l’Accord de Paris. La Coalition croit que la CDPQ devrait s’abstenir de soutenir une proposition climatique uniquement si les objectifs et les plans des institutions concernées sont déjà en conformité avec l’Accord de Paris. 

    De plus, la Coalition encourage la CDPQ à adopter une approche proactive en proposant elle-même des résolutions, à l’instar du New York City Comptroller aux États-Unis qui a réussi à conclure un accord avec la RBC pour que cette dernière calcule son ratio de financement entre les énergies fossiles et énergies renouvelables. Un ratio que la CDPQ devrait d’ailleurs présenter dans son prochain RID.

    Une approche proactive permettrait également à la CDPQ d’avoir un leadership plus important et d’exercer une pression plus soutenue dans le calcul des émissions de portées 3 (“scope 3”) des entreprises dans lesquelles elle investit.

    Droits humains et droits des peuples autochtones : 

    En conclusion, bien que la CDPQ montre une certaine amélioration en termes de transparence dans ce rapport, elle accuse un retard significatif en ce qui concerne les droits humains et les droits des peuples autochtones. Malgré son adhésion à PRI Advance pour rechercher des solutions en matière de droits de la personne, la Coalition attend toujours de la CDPQ une politique ambitieuse concernant les droits des peuples autochtones et les droits humains, afin de garantir le respect de critères rigoureux lors des analyses pré-investissements. 

    À propos de la coalition Sortons la Caisse du carbone : 

    Par le biais de la recherche, de la vulgarisation, de la critique, et de l’exposition médiatique la coalition Sortons la Caisse du carbone exerce une pression constructive sur la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) afin qu’elle devienne un leader de la transition écologique juste et un catalyseur de changement dans le secteur financier. Ses membres sont Eau Secours, Greenpeace Canada, Justice climatique Montréal (JCM), Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville, le Projet de la réalité climatique Canada, SNAP Québec et le Réseau Action Climat Canada. 

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    Krystel Marylène Papineau 
    Responsable de la Coalition Sortons la Caisse du carbone
    438 492 6537 

    Krystel.papineau@sortonslacaisseducarbone.org 

  • Réaction – bilan des votes canadiens en matière de climat en 2023

    Réaction – bilan des votes canadiens en matière de climat en 2023

    La CSCC se réjouit de constater que la pression de la société civile exercée sur la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a porté fruit et a incité la CDPQ à voter beaucoup plus souvent en faveur du climat lors de la saison des actionnaires de 2023 comparativement aux votes de 2022. « Nous réclamons depuis des années une plus grande transparence et implication de la CDPQ dans les votes des assemblées générales où son pouvoir de grand actionnaire peut envoyer un message fort aux autres gestionnaires d’actifs. Rappelons qu’en 2022 la CDPQ avait voté POUR 33 % des résolutions sur le climat comparativement à 89 % en 2023 »  a déclaré Krystel Papineau, responsable de la Coalition Sortons la Caisse du carbone. 

    Le rapport d’Investors for Paris Compliance démontre également des limites au leadership de la CDPQ. La politique d’engagement climatique de la CDPQ a donné de bons résultats, sauf pour quelques exceptions pour lesquelles elle a voté contre des résolutions climatiques alors que de grandes institutions financières ont voté pour. De plus, selon le rapport,  la CDPQ devrait clarifier sa politique d’escalade en adoptant un engagement clair à voter contre les administrateurs responsables ou les états financiers de sociétés qui faillissent de façon persistante à réduire leurs risques climatiques. 

    En tant qu’acteur majeur dans le monde de la finance, la CDPQ a donc la responsabilité de voter en faveur du climat chaque fois que cela est possible, même quand ce vote favorable s’inscrit en faux contre la volonté des administrateurs et administratrices de la société en question. 

    Voici quelques éléments revendicatifs de la Coalition :

    • Nous encourageons la Caisse à augmenter son ambition climatique en revisitant ses choix d’investissements, notamment dans le domaine du gaz. Il s’agit là d’un choix qui manque de cohérence et dont les actifs se déprécient, tel que le démontre notre dernier rapport Carbone 50
    • La CDPQ doit également adopter une approche proactive en matière de climat en proposant elle-même des résolutions, ce qu’elle fait très peu, comparativement à un gestionnaire d’actifs, comme le New York Comptroller aux États-Unis, par exemple, qui propose des résolutions ambitieuses.
    • Nous demandons à la CDPQ de soutenir des résolutions structurantes qui exigent des entreprises des plans de transition conformes à l’accord de Paris, et à envisager de désinvestir des entreprises qui ne respectent pas ces critères. Cependant, il est impératif que la CDPQ soit elle-même un exemple en matière de climat.
    • Nous rappelons que la CDPQ doit calculer les émissions de gaz à effet de serre de portée 3 (Scope 3) de son portefeuille, ce qu’elle ne fait pas actuellement, et elle doit se fixer des cibles de réduction de GES en absolu (et non en intensité) à court terme (2030) moyen et long terme. Celles-ci doivent être en ligne avec les réductions d’émissions de GES prescrites par le GIEC pour limiter le réchauffement à 1,5 Celsius.
  • Nos souhaits pour 2024 à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) !

    Nos souhaits pour 2024 à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) !

    OH OH OH ! Après une année bien remplie en 2023, nous avons formulé nos souhaits pour 2024 à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ! Ils guideront les actions de la Coalition Sortons la Caisse du carbone pour la prochaine année, soit que la CDPQ :

    🎄 Se dote d’une cible en absolu;

    🎄Calcule sa portée 3;

    🎄Cesse de faire de l’écoblanchiment et respecte les recommandations de l’Organisation des Nations Unies;

    🎄Transforme le modèle d’affaires d’Énergir;🎄Respecte davantage les droits humains et les droits des peuples autochtones;

    🎄Exerce une pression constructive sur les institutions financières, entre autres, en votant POUR les résolutions sur le climat lors de la saison des actionnaires.

    🎄Déploie tous les efforts nécessaires pour éviter des dommages immédiats ou futurs aux écosystèmes dans ses décisions d’investissement.

    Espérons également qu’en 2024, un véritable débat sur l’avenir de la CDPQ ait lieu et que l’importance de moderniser la Loi sur la Caisse de dépôt et placement du Québec soit reconnue.

    Joyeuses fêtes et au plaisir de se retrouver en 2024 !Merci aux membres de la Coalition !

    Merci aux membres de la Coalition !

    Réalité climatique Canada
    SNAP Québec – Société pour la nature et les parcs
    Réseau Action Climat Canada
    Greenpeace
    Justice climatique Montréal
    Mobilisation environnement Ahuntsic Cartierville
    Eau Secours

  • La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) investit dans le top 5 des institutions financières canadiennes qui continuent de financer l’exploitation des combustibles fossiles.

    La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) investit dans le top 5 des institutions financières canadiennes qui continuent de financer l’exploitation des combustibles fossiles.

    La Coalition Sortons la Caisse du carbone réagit au travail de Investors for Paris Compliance qui a dressé une liste, basée sur les données de Investing in Climate Chaos, des cinq principales institutions financières canadiennes qui continuent de financer l’exploitation des combustibles fossiles (#gaz, #charbon, #pétrole), soit une des principales causes de la crise climatique.

    Nous sommes préoccupés que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) détienne encore à ce jour des obligations ou des actions dans chacune de ces institutions financières. Elle qui est sortie de la production du pétrole en 2022 continue d’investir dans cette industrie de façon détournée en finançant les institutions financières. Cela est un non sens pour notre coalition.

    À l’occasion de la #COP 28, qui a abouti à un accord international appelant à une transition hors des énergies fossiles d’ici 2050, la CDPQ a fait l’éloge de ses maintes initiatives sur le plan climatique lors de divers événements.
    Cependant, comment notre bas de laine peut-il concevoir être un leader à l’international tout en poursuivant ses investissements au Canada dans cinq institutions financières qui aggravent la crise climatique actuelle ?

    Notre coalition demande, par souci de cohérence, que la CDPQ exerce une pression constructive sur chacune de ces institutions, entre autres, en votant POUR les résolutions sur le climat lors de la saison des actionnaires et qu’elle exige dès maintenant, comme investisseur, une sortie des énergies fossiles.

    Top 5 : 
    SunLife Financial
    RBC (Royal bank of Canada)
    Power Corporation of Canada
    Manulife Financial
    TD Bank

    Article portant sur le travail de Investors for Paris Compliance: https://lnkd.in/eE8Sa-Rm

  • COP 28: Nous avons questionné le ministre Charette sur le rôle de la CDPQ et de son gouvernement dans la poursuite d’Énergir contre Prévost.

    COP 28: Nous avons questionné le ministre Charette sur le rôle de la CDPQ et de son gouvernement dans la poursuite d’Énergir contre Prévost.

    Dans le cadre de la COP 28, André-Yanne Parent, directrice du Projet de la Réalité climatique Canada, membre de la Coalition Sortons la Caisse du carbone, participait au dialogue de la société civile québécoise avec le ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Benoît Charette. L’une des questions clés de cette discussion concernait le rôle de leadership que peut jouer le Québec sur la question du gaz et du pétrole, notamment à travers BOGA (Beyond Oil & Gas Alliance), tant au niveau national qu’international.

    Depuis plusieurs semaines, notre Coalition fait pression sur la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour qu’elle assume publiquement ses responsabilités suite à la poursuite intentée par Énergir contre la petite municipalité de Prévost. Cette poursuite vise à contester un règlement qui limite l’utilisation d’équipements fonctionnant au gaz fossile dans les bâtiments. Il convient de souligner que la CDPQ détient 80,1 % des actions d’Énergir et occupe 50 % des sièges au sein de son conseil d’administration.

    Nous avons profité de cette occasion pour questionner le ministre sur cette poursuite et plus précisément sur la responsabilité du gouvernement et de la CDPQ dans ce dossier. La réponse obtenue s’est avérée peu surprenante. Néanmoins, le ministre a souligné que les villes ne pouvaient pas agir au compte-goutte en matière d’énergie, car cela ne relevait pas de leur domaine de compétence.

    Cependant, tant et aussi longtemps que le Québec n’aura pas établi un cadre réglementaire, on ne devrait pas acquiescer à ce que l’on traîne devant les tribunaux les champions de la transition écologique!

    Question posée par André-Yanne Parent du Projet de la Réalité climatique Canada au ministre Benoit Charette :

    La Caisse de dépôt et de placement occupe plusieurs sièges sur le conseil d’administration d’Énergir, comme actionnaire majoritaire, et le gouvernement du Québec siège sur le CA de la Caisse. Tout ce monde était donc au courant que la poursuite contre la Ville de Prévost allait être déposée en cour. Cette poursuite «contre la transition énergétique», avec le consentement indirect de l’État québécois, est gênante pour l’ensemble des représentants du Québec à la COP28. Est-ce que votre gouvernement compte intervenir pour rappeler la Caisse et Énergir à l’ordre et défendre les villes québécoises qui veulent s’engager vraiment dans la transition énergétique et s’aligner sur les cibles du PEV? 

    C’est exactement ce que la ville de Prévost a fait, avec son règlement 831 sur la décarbonation des bâtiments qui prohibera à compter de la fin du mois prochain certaines utilisations du gaz dans les nouveaux bâtiments résidentiels et institutionnels à Prévost, à l’exception des cuisinières au gaz et des BBQ. Or, maintenant cette petite municipalité ambitieuse fait l’objet d’une démarche juridique lancée par Énergir pour s’attaquer à la capacité des villes d’agir en matière environnementale.La Caisse de dépôt et de placement occupe plusieurs sièges sur le conseil d’administration d’Énergir, comme actionnaire majoritaire, et le gouvernement du Québec siège sur le CA de la Caisse. Tout ce monde était donc au courant que la poursuite contre la Ville de Prévost allait être déposée en cour. Cette poursuite «contre la transition énergétique», avec le consentement indirect de l’État québécois, est gênante pour l’ensemble des représentants du Québec à la COP28. Est-ce que votre gouvernement compte intervenir pour rappeler la Caisse et Énergir à l’ordre et défendre les villes québécoises qui veulent s’engager vraiment dans la transition énergétique et s’aligner sur les cibles du PEV?

  • Poursuite contre la Ville de Prévost: Énergir veut empêcher les municipalités de lutter contre la crise climatique

    Poursuite contre la Ville de Prévost: Énergir veut empêcher les municipalités de lutter contre la crise climatique

    Montréal – 15 novembre 2023 – La Fondation David Suzuki, Coalition Sortons la Caisse du carbone, Greenpeace Canada, le Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ), Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville, l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), Imagine Lachine-Est, Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique, le Réseau Action Climat Canada, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, Environnement Vert Plus, Fondation Coule pas chez nous, Vivre en Ville, Pour Nos Enfants – Montréal, Équiterre et Nature Québec dénoncent vigoureusement l’offensive judiciaire intentée par Énergir contre la petite municipalité de Prévost. Le géant québécois du gaz tente de faire invalider le règlement visant à limiter l’utilisation d’équipements fonctionnant au gaz fossile dans les bâtiments dans le but de lutter contre la crise climatique. La poursuite est d’autant plus scandaleuse qu’Énergir se présente dans l’espace public comme un partenaire important de la transition énergétique municipale.

    Le recours intenté contre Prévost prouve qu’Énergir ne veut pas vraiment que les municipalités mettent en œuvre la transition énergétique. « Est-ce que l’entreprise va poursuivre toutes les municipalités qui vont se doter de règlements pour favoriser la transition ? » s’indignent les groupes. À leur avis, en s’opposant ainsi à la transition de Prévost, « Énergir ne se comporte pas comme un acteur de changement, mais comme un simple distributeur de gaz fossile qui n’hésite pas à entraver les initiatives municipales et à nuire aux efforts collectifs de lutte contre les changements climatiques lorsque l’on se dresse sur son chemin ». 

    Le rôle des villes dans l’action climatique est maintenant reconnu comme incontournable par l’Organisation des Nations Unies (ONU), car 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont générées sur leur territoire. Ce sont aussi les villes qui subissent une grande partie des impacts du dérèglement du climat sur les infrastructures, la sécurité et la santé de leurs citoyen.ne.s. Dans ce contexte, la population du Québec ne peut laisser Énergir attaquer frontalement une administration municipale qui ne fait qu’assumer sa responsabilité en regard de la crise climatique.

    La CDPQ et le Fonds de solidarité FTQ doivent intervenir

    La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et le Fonds de solidarité FTQ, qui détiennent conjointement la totalité d’Énergir, déclarent être engagés vers une économie sobre en carbone. Pourtant, ils ont une responsabilité à assumer en regard de cette poursuite d’une municipalité qui choisit de se détourner des énergies fossiles au profit d’énergies plus propres.

    Il est primordial que la CDPQ, tout comme le Fonds de solidarité FTQ, s’engagent dès maintenant à intervenir auprès d’Énergir pour qu’elle abandonne cette poursuite et réoriente son modèle d’affaires vers une décarbonation profonde de l’économie, en éliminant les hydrocarbures et en investissant dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les économies d’énergies. Les groupes considèrent que la CDPQ, qui détient 50% des sièges au conseil d’administration d’Énergir et le Fonds, qui a également une influence sur le conseil, ont le devoir de demander ces changements et de désinvestir advenant un refus d’agir par la gazière. Cette démarche doit se faire selon les principes de la transition juste et impliquer les travailleurs et les travailleuses dans les différentes étapes.

    Les groupes concluent en soulignant que cette poursuite survient alors même que l’ONU publie le Rapport 2023 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de production des combustibles fossiles, dans lequel le gaz est présenté tel qu’il devrait l’être :  une énergie fossile à éliminer au même titre que le charbon et le pétrole.

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    Pour information:

    Stéphanie Harnois, spécialiste aux communications et affaires publiques, Fondation David Suzuki
    Cell : 418 576-4854, sharnois@davidsuzuki.org 

    Jean-Pierre Finet, analyse et porte-parole, Regroupement des organismes environnementaux en énergie
    Cell : 514-515-1957, jpierrefinet@gmail.com

    Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie, Greenpeace Canada
    Cell: 514-594-1221, pbonin@greenpeace.org

    Cell: 514-594-1221, pbonin@greenpeace.org 

  • Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec : moratoire demandé sur l’octroi d’électricité pour le développement industriel

    Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec : moratoire demandé sur l’octroi d’électricité pour le développement industriel

    Montréal, le 9 novembre 2023 – Un regroupement de plus de 20 organisations de la société civile (dont la Coalition Sortons la Caisse du carbone) accueille avec inquiétude le Plan d’action 2035 présenté la semaine dernière par le PDG d’Hydro-Québec, Michael Sabia, et demande au gouvernement Legault de cesser immédiatement tout octroi de nouveaux blocs d’énergie à des projets industriels jusqu’à ce que le Québec se soit doté d’une politique énergétique crédible, cohérente et soutenue par la population. Ces organisations environnementales et citoyennes écologistes estiment que le plan de développement massif des infrastructures énergétiques déposé par Hydro-Québec vise de toute évidence à répondre aux attentes du gouvernement, qui priorise l’industrie, en faisant fi des enjeux écologiques ainsi que des contraintes majeures de temps, de main d’œuvre et d’acceptabilité sociale qui rendent sa réalisation plus qu’incertaine.

    « En garantissant à des entreprises énergivores des capacités électriques qui n’existent pas et qu’il n’est probablement ni sage, ni réaliste de tenter de construire, tout en omettant d’investir sérieusement dans la baisse des demandes d’énergie, le gouvernement du Québec risque de créer lui-même une pénurie d’électricité qui compromettra irrémédiablement la décarbonation du Québec en temps opportun. C’est pourquoi nous réclamons un moratoire immédiat sur l’octroi d’électricité pour les nouveaux projets industriels », déclarent les signataires du communiqué.

    Un projet pharaonique d’augmentation de l’offre sans mesures structurantes de sobriété

    « Même s’il vise à doubler les économies d’énergie déjà planifiées, essentiellement par des mesures d’efficacité, le Plan 2035 d’Hydro-Québec s’intègre à la vision d’une transition énergétique exempte de mesures structurantes de sobriété et mise d’abord et avant tout sur un énorme projet d’augmentation de l’offre énergétique » affirment les groupes. Ce plan prévoit, en 12 ans, l’ajout de 60 térawattheures (TWh) d’énergie et de 8 000 à 9 000 mégawatts (MW) de puissance, soit l’équivalent de la puissance combinée de l’aménagement Robert-Bourassa (LG-2), de la centrale Manic-5 et du complexe de la Romaine. Ces installations exigeraient des investissements de 155 à 185 milliards de dollars, la construction de 5 000 km de lignes de transport et la contribution d’environ 35 000 travailleurs et travailleuses en moyenne chaque année d’ici 2035. 

    Dans un contexte planétaire où la crise climatique et la crise de la biodiversité se nourrissent mutuellement, la décision de construire de vastes complexes hydroélectriques en milieu boréal et nordique serait lourde de conséquences environnementales. De plus, les groupes doutent que le harnachement de nouvelles rivières bénéficie de l’acceptabilité sociale et soulignent que les projets sur des territoires autochtones devraient impliquer les communautés affectées par les projets. Ils observent aussi que plusieurs projets de parcs éoliens soulèvent des levées de boucliers, notamment dans le monde agricole. Enfin, le plan envisage le site Gentilly-2 pour accueillir une centrale nucléaire ou de petits réacteurs modulaires, alors que cette filière est vivement rejetée par la population du Québec.

    Un Plan qui sous-estime gravement les transformations nécessaires à la décarbonation du Québec

    L’Agence internationale de l’énergie estime que les « économies développées » comme le Québec doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 80 % d’ici 2035. Le gouvernement Legault et Hydro-Québec sous-estiment gravement l’ampleur des besoins requis en électricité pour décarboner l’économie du Québec d’ici 2035. Pire encore, ils comptent consacrer 25% de l’électricité additionnelle prévue, soit au moins 2000 MW, pour la croissance économique sans être en mesure de démontrer que l’électricité nécessaire à la décarbonation sera disponible. Les groupes déplorent que le Plan alloue des blocs d’énergie actuellement inexistants aux futures industries qui voudront bénéficier d’électricité propre à bas prix et entretienne ainsi l’illusion que le Québec pourrait à la fois accueillir un fort développement industriel énergivore, se décarboner et se passer des transformations systémiques indispensables pour atteindre la sobriété énergétique. En raison de la crise climatique, la décarbonation doit avoir la priorité sur le développement industriel.

    Qui paiera la facture?

    Les coûts des nouveaux approvisionnements seront sensiblement plus élevés que les coûts présents, créant une pression à la hausse sur les tarifs, alors que le gouvernement persiste à vouloir attirer des projets industriels en leur offrant des prix alléchants (tarif L ou tarif encore plus bas). Les groupes craignent que ce soient les personnes les plus fragiles économiquement, qui n’ont pas les moyens de profiter des subventions à la rénovation ou à l’achat d’équipements écoénergétiques, et les ménages de la classe moyenne qui en souffriront puisque le secteur résidentiel devra fort probablement, tôt ou tard, absorber une partie du manque à gagner d’Hydro-Québec. Cette pression à la hausse sur les tarifs pourrait servir de prétexte à la déréglementation et à la dénationalisation de l’électricité.

    Besoin d’une planification adéquate qui résulterait d’un débat de société Les signataires soulignent que le dépôt d’un plan par Hydro-Québec ne saurait nous dispenser des processus démocratiques qu’appellent des choix de société aussi importants. Les lacunes économiques, écologiques et sociales de ce plan confirment le besoin d’une planification adéquate qui résulterait d’une démarche de dialogue social. Ils et elles demandent que le gouvernement du Québec mette en place un moratoire sur l’octroi de puissance additionnelle pour les projets industriels de plus de 5 MW jusqu’à ce qu’un débat de société franc, large et structuré sur l’avenir énergétique du Québec ait été mené. Ce débat devra aboutir sur une politique énergétique et sur une véritable planification intégrée des ressources énergétiques (PIRE), selon une approche systémique incluant notamment les impacts environnementaux et sociaux sur l’ensemble du cycle de vie des différentes solutions énergétiques, et ce, avant toute modification au cadre réglementaire en vigueur.

    Réaction Linkedin de la Coalition : https://www.linkedin.com/company/89351325/admin/feed/posts/

    1. Émilie Laurin-Dansereau, ACEF du Nord de Montréal
    2. Lucie Massé, Action Environnement Bassees-Laurentides
    3. David Roy, Ateliers pour la biodiversité
    4. Jean-François Boisvert, Coalition climat Montréal
    5. Jean-Philippe Waaub, Collectif scientifique sur les enjeux énergétiques au Québec 
    6. Rébecca Pétrin, Eau Secours
    7. Pascal Bergeron, Environnement Vert Plus
    8. Éric Ferland, Foire Écosphère
    9. Jean Paradis, Fondation Coule pas chez nous
    10. Stéphanie Harnois, Fondation David Suzuki
    11. André Bélanger, Fondation Rivières
    12. Patrick Bonin, Greenpeace Canada
    13. Jacques Benoit, GMob (GroupMobilisation)
    14. Myriam Thériault, Mères au front
    15. Jacques Lebleu, Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville (MEAC)
    16. Carole Dupuis, Mouvement écocitoyen UNEplanète
    17. Alice-Anne Simard, Nature Québec
    18. Jean-Pierre Finet, Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ)
    19. Bruno Detuncq, Regroupement vigilance hydrocarbure Québec (RVHQ) 
    20. Maude Prud’homme, Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)
    21. Sylvie Berthiaume, Solidarité environnement Sutton
    22. Ève Duhaime, TerraVie
    23. Krystel Marylène Papineau, Coalition Sortons la Caisse du carbone

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  • Réaction – M. Bertrand Millot, de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), nommé au sein du Comité consultatif sur les changements climatiques 

    Réaction – M. Bertrand Millot, de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), nommé au sein du Comité consultatif sur les changements climatiques 

    8 novembre 2023 – Nous félicitons M. Bertrand Millot pour sa nomination en tant que président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) du Comité consultatif sur les changements climatiques.

    Cependant, il est important de souligner que malgré certains progrès réalisés dans la lutte contre les changements climatiques, la CDPQ présente encore plusieurs lacunes en termes d’exemplarité en matière de lutte contre les changements climatiques. Elle refuse toujours de se fixer des objectifs en absolu, ne calcule toujours pas les émissions indirectes de ses investissements (scope 3), et continue d’investir dans les énergies fossiles (ex. Énergir),  malgré que cela soit à contre-courant des recommandations formulées par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

    Modernisation de la Loi sur la CDPQ

    Notre Coalition travaille depuis plusieurs mois pour sensibiliser notre gouvernement et la CDPQ à l’importance de moderniser la Loi sur la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il est essentiel de mettre à jour cette loi afin de fournir à la CDPQ un cadre solide et cohérent pour atteindre ses objectifs climatiques et répondre aux demandes croissantes des investisseurs et de la société civile.

    Nous sollicitons donc la recommandation de M. Millot auprès du ministre chargé de la lutte contre les changements climatiques, M. Benoît Charette, afin que cette modernisation soit discutée dans le cadre du comité dont l’objectif est d’accélérer la transition en proposant des avis et des recommandations pour guider la prise de décisions et l’élaboration des politiques publiques.

    Cette démarche serait un moyen efficace de renforcer l’engagement de la Caisse de dépôt du Québec et du gouvernement dans la lutte contre les changements climatiques et de garantir l’alignement des activités de la CDPQ avec les objectifs environnementaux du Québec.

  • Sommet sur l’Ambition Climatique : La CDPQ doit apporter plusieurs améliorations à sa stratégie climatique pour respecter les recommandations de l’ONU

    Sommet sur l’Ambition Climatique : La CDPQ doit apporter plusieurs améliorations à sa stratégie climatique pour respecter les recommandations de l’ONU

    La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a été invitée au Sommet sur l’Ambition Climatique à New York. Cette participation témoigne de certaines avancées qu’elle a réalisées dans sa transition vers des investissements plus sobres en carbone, en se retirant progressivement des investissements liés au pétrole et au charbon. Bien que nous reconnaissons les efforts de la CDPQ, nous tenons également à souligner que plusieurs améliorations sont nécessaires pour que la CDPQ respecte pleinement les critères du rapport du Groupe d’experts de haut niveau du Secrétaire général des Nations Unies « l’Intégrité compte: : Engagements des entreprises, des institutions financières, des villes et des régions en faveur de l’objectif «zéro émission». » (« Integrity Matters: Net Zero commitments by Businesses, Financial Institutions, Cities and Regions » ) publié par l’Organisation des Nations Unies (ONU).  Elle a publié ce rapport de manière à garantir que les promesses d’émissions nettes zéro soient pleinement alignées sur la limitation de l’augmentation de la température mondiale à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, en établissant des normes et des critères clairs.

    Ce rapport souligne l’importance de la crédibilité et de la responsabilité des acteurs non étatiques dans leur engagement en faveur de la neutralité carbone, afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Les entreprises, les institutions financières, les villes et les régions qui se sont engagées à atteindre une consommation nette zéro sont invitées à consigner leur alignement sur le rapport du Groupe d’expert à l’aide de la liste de contrôle de mise en œuvre. Cette liste transcrit les recommandations du rapport en une liste de critères et fournit des orientations sur ce que les entités non étatiques doivent prendre en compte à chaque étape de leur progression vers un alignement crédible sur 1,5°C. La Coalition Sortons la caisse du carbone constate que la CDPQ ne respecte pas plusieurs des critères de l’ONU et l’exhorte à se doter d’objectifs beaucoup plus ambitieux tel que demandé par l’ONU.

    Une recommandation clé consiste à fixer des objectifs absolus de réduction des émissions à court, moyen et long terme pour les institutions financières comme la CDPQ. L’ONU demande par exemple une réduction de 50% des émissions d’ici 2030. Cette réduction doit être en absolu et non pas par dollars investi comme vise actuellement la CDPQ. Non seulement la CDPQ ne respecte pas cette recommandation, mais elle a même voté contre une résolution demandant à la Banque Royale du Canada (RBC) de calculer ses cibles en termes absolus lors de sa dernière assemblée des actionnaires en 2022.

    De plus, la CDPQ n’évalue pas correctement ses émissions alors qu’elle ne tient pas compte des émissions indirectes (portée 3 ou “scope 3”) résultant de ses investissements dans son portefeuille actuel. Cela comprend les émissions liées à la combustion des énergies fossiles qui transitent dans les pipelines et les gazoducs d’entreprise comme d’Énergir dont la CDPQ est l’actionnaire majoritaire. Comme l’a affirmé Charles Émond, président de la CDPQ, lors de la dernière commission parlementaire, les émissions indirectes du gaz fossile d’Énergir ne sont pas prises en compte dans le bilan des émissions de gaz à effet de serre de la CDPQ. Par conséquent, cela fausse l’évaluation des émissions liées au portefeuille de la Caisse.

    Cela soulève des inquiétudes quant à l’engagement réel et efficace de la CDPQ dans la lutte contre le changement climatique. En ne fixant pas d’objectifs absolus de réduction des émissions à court et moyen terme et en omettant les émissions indirectes, notamment celles liées au gaz fossile, la CDPQ ne fait pas preuve de leadership climatique. 

    L’établissement d’objectifs absolus à court, moyen et long terme, l’inclusion des émissions indirectes dans les calculs et le respect des autres critères exigés par l’ONU permettraient à la CDPQ d’agir en accord avec les objectifs mondiaux visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et d’assumer le leadership que nous attendons d’elle.